Si l’abeille disparaissait…

Par Hubert Reeves

« Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre. » C’est l’une des versions de la phrase attribuée à Albert Einstein.

Voici un aperçu de ce que l’on trouve sur Internet :

« L’espèce humaine ne survivra que quelques années à la disparition des abeilles.

« Si l’abeille venait à disparaître de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que 5 années à vivre.

« Sans abeilles, en quatre ans, plus d’herbe, plus de fruits, plus d’hommes sur la Terre. »

On pourrait sans doute trouver d’autres versions, « traductions » d’une phrase en anglais, si diverses que l’on en est venu à douter de l’authenticité de la citation.

Impossible de trouver dans les écrits d’Einstein la preuve recherchée. Mais qu’importe la phrase, quelle que soit la version, véhicule un message important :

Le sort de l’humanité est lié à celui des pollinisateurs. Et ce sont surtout des insectes, dont les abeilles.

Miellerie Saint-Amant - Bernard Cluzeau - apiculteur - miel de charente
Miellerie Saint-Amant - Bernard Cluzeau - apiculteur - miel de charente

 

EXPLICATION

Sauf chez les fleurs autofertiles, les plantes ont besoin des insectes pour se reproduire. Elles les attirent, les font
venir à elles.

Lors du passage d’une abeille dans une fleur, les grains de pollen sont retenus grâce aux poils du corps de l’insecte ou stockés sur les pattes arrière. Le stock est destiné à la ruche et seul le pollen présent sur le corps de l’abeille sert à la pollinisation : il se dépose sur le pistil et la fleur est ainsi fécondée.

Pour obtenir des cerises, des pommes ou des poires dans les vergers et pour que les productions soient rentables, il faut réunir certaines conditions et d’abord disposer d’un nombre d’abeilles important juste au moment de la floraison : les abeilles sauvages, de moins en moins nombreuses, ne suffisent pas, et il faut recourir aux abeilles domestiques. On installe habituellement des ruches… Mais voilà que les ruches se vident… Les abeilles meurent…

Aurons-nous encore longtemps des pommes et des poires ?

On assiste à l’effondrement des populations d’abeilles et cela nous oblige à réfléchir à nos actions.

Nos auxiliaires bénévoles (300 milliards de dollars : telle est l’estimation par l’économiste Stern du coût de leurs services), jamais en grève, sont bien mal récompensés. Voilà les apiculteurs obligés d’installer leurs ruches en ville, loin des pollutions liées à l’agriculture intensive. Bien que les pesticides ne soient pas seuls responsables, il serait difficile de nier leur rôle négatif.

Alors, apprenons à connaître ces amies pourvoyeuses de si bons fruits. Ce sont des hyménoptères (ordre d’insectes aux ailes membraneuses). Les abeilles de France comptent près de mille espèces différentes et l’espèce élevée, Apis mellifera, est une de ces espèces qui n’est pas la seule espèce sociale. Une abeille solitaire vit dans le sol, dans une galerie creusée par un autre insecte, ou dans une tige creuse…

Au Canada, ce sont plus de mille espèces différentes qui ont été répertoriées.

Savez-vous que vous pouvez offrir le gîte à des abeilles solitaires. En effet, comme vous proposez des nichoirs aux oiseaux, vous pouvez proposer des nichoirs aux abeilles, constitués par exemple d’une courte bûche de bois dur dans laquelle on fore horizontale- ment des trous bien lisses, sans la transpercer. Et cela, même en ville !

Source: Nelly(LigueRoc) opinions@canoe.com

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